programme: transformation et rénovation du centre culturel suisse, paris • maîtrise d'ouvrage: confédération suisse, office fédéral des constructions et de la logistique • utilisation: fondation suisse pour la culture pro helvetia & centre culturel suisse • maîtrise d'oeuvre: asbr (architecte mandataire), truwant + rodet + (architecte associé), bollinger + grohmann (structure), inex (fluides & thermique), meta (acoustique), vpeas (économie), ducks scéno (scénographie), camille fréchou (paysage) • surface: 1 000m² • statut concours sur invitation 2020, livraison 2026 • photographes: florine leoni, nicolas delaroche, tristan savoy, valentin duciel
alella, espagne, 2026 • client: concrete labor • surface: 120m²
Le projet ne vise ni l’exception formelle ni le signe particulier. Prenant acte de l’homogénéité du système Haussmannien dans lequel il s’inscrit, il cherche davantage à se fondre dans le paysage, dissimulant ses qualités spatiales et constructives sous l’apparence du mimétisme.
Comme beaucoup d’autres à Paris, la parcelle du 20 rue Philippe de Girard n’est pas une simple dent creuse. Depuis 1866 et la construction du lotissement qui l’encercle, le vide qu’elle constitue se présente comme une anomalie dans l’ensemble du système imaginé à l’époque par Haussmann. De chaque côté, les immeubles voisins laissent apparaître leurs pierres d’attente: comme si le bâtiment qui devait se trouver là avait simplement pris du retard. Le projet ici n’est pas de sacraliser le système Haussmannien, mais de faire de cette suspension du temps le principe de dessin d’un bâtiment qui, sans verser ni dans le pastiche ni dans la copie, chercherait à produire l’immédiate impression d’avoir toujours été là.
Bien qu’elle témoigne d’un principe de préfabrication étranger à l’époque Haussmannienne, la façade du bâtiment vise d’abord à l’inscrire dans la continuité de la rue. Procédant de la même attention à l’existant, le projet n’est pas non plus de combler le vide : laissant la cour voisine ouverte sur sa face sud, le bâtiment proposé se déploie en premier lieu de manière à ne pas obstruer les logements voisins. Sur sa façade arrière, le bâtiment procède d’un mimétisme commandé cette fois par les nécessités internes du programme. Libérés des espaces de circulation rassemblés à l’arrière, les espaces de logements et les espaces de production peuvent se déployer de manière autonome. Dépliée sur tout le périmètre constructible de la parcelle, la ressourcerie fonctionne comme un socle : une machine productive fonctionnant sur ses trois niveaux propres. Au-dessus : des logements qui sont tous traversants. Leurs plans développent un mécanisme de partition qui, par le « rachat » des incongruités géométriques du site et leur articulation des différentes façades, permettent à la fois l’optimisation maximale des espaces de vie et une grande diversité d’organisation. Espaces de logement, espaces de circulation, espaces de production, les trois composantes principales du programme se retrouvent ainsi passer de leur parfaite inscription dans la ligne homogène de la rue Haussmannienne à l’expression de leur séparation structurelle sur la façade arrière. D’un côté comme de l’autre, le bâtiment tend à se fondre dans le tissu existant, soulignant la logique d’un projet dont l’idée directrice est de considérer que, procédant des plus immédiates nécessités, les plus grandes qualités sont peut-être aussi les plus imperceptibles : « Nouvellement là depuis 1866 ».
programme: construction d'un immeuble de onze logements et une ressourcerie à paris • maître d'ouvrage: rivp • maîtrise d'oeuvre: asbr (architecte mandataire), evp (structure), b52 (fluides), bmf (économie), venathec (acoustique) • surface : 1 320m² • certifications environnementales: nf habitat hqe niveau excellent, label effinergie + • photographie: salem mostefaoui
Three material resources are selected to explore three structural principles: gravity stacking, masonry bonding and assembly. They represent three levels of availability, from abundant to scarce, and material quality, from low-grade to precious. Each is explored at a different scale—landscape, architecture or furniture—through robotic processes ranging from simple to complex, and one of three production methods: on-site, on-site combined with prefabrication, or workshop-based.
mineral. architectures of urban mining • competition, 2025 • barcelona (es) • client: barcelona city council, barcelona municipal infrastructures (bimsa), bit habitat foundation, mies van der rohe foundation, barcelona provincial council, uia • team: institute for advanced architecture of catalonia (iaac), asbr, lamáquina.
On a narrow plot stuck inside a dense residential fabric, the project’s defining feature is a shed shielding from immediate visibility. Over the unit’s 40-meter depth, the ground level drops by 3.50 meters, allowing the space to expand as it descends through a sequence of indoor and outdoor spaces. A few precise spatial operations ensure minimal material transformation while maximizing potential use.
Barcelona (es) • 2024 • contractor: concrete labor • photograph: josé hevia
Notre projet fait de l’architecture un lieu de cohabitation raisonné entre l’histoire des lieux, le climat, les ressources présentes et la diversité de celles et ceux qui la pratiquent. La tour circulaire avec sa façade dépliée et profonde s’adresse à tous les côtés de la ville, sans hiérarchie. La Station s’ouvre vers la future place, tandis que l’hôtel d’activité s’inscrit dans la mesure commune du nouveau quartier. Le collectif MU a fait de la Station un lieu repère de la vie militante et festive. Le projet entretient cette effervescence des marges musicales, artistiques et culturelles. Les formes architecturales et les procédés low-tech mis en œuvre manifestent une complicité avec l’environnement climatique. Aux programmes de logements, d’ateliers et d’espaces de fête s’agglomèrent une cohorte d’espaces extérieurs et semi-extérieurs, clos mais découverts, ou à l’inverse couverts mais ouverts, mais aussi des paysages arborés et des cours plus appropriables, des plantations à jardiner ou d’autres plus sanctuarisées. Par ses climats diversifiés, le projet agence les situations de contact avec ce que la ville a de plus métropolitain et d’émancipateur : être ici avec les autres.
gare des mine - fillettes, lot n4, paris • programme: résidence étudiante + hôtel d'activité + la Station • maîtrise d'œuvre: mbl architectes (architecte mandataire), asbr (architecte associé), central (architecte associé), b52 (fluides), evp (structure), meta (acoustique), mobius (réemploi), studio mathieu lucas (paysage), vpeas (économie), zefco (hqe-thermique) • maîtrise d'ouvrage: rivp • surface: 11630m² sdp • statut: concours sur invitation, 2024 • certifications environnementales: nf habitat hqe 8 étoiles - écrain bronze - label bbca performant - re2020 niveau 2028 (logement : 580 kg eq co2/m2 sdp - bureau et activité : 710 kg eq co2/m2 sdp)
Bap! biennale d'architecture et de paysage 2022, versailles • commissaires d'exposition: nicolas dorval bory, guillaume ramilien • équipe: marie boenders, inès penneron, hugo rabehi penninck, thomas raynaud • texte: jeremy lecomte • photographe: salem mostefaoui
Dans un récent livre qui a fait trop peu parler de lui, l’essayiste et journaliste américain Nathaniel Rich faisait un constat amer : en 1979, « à peu près tout ce que nous comprenons à l’heure actuelle du réchauffement climatique était compris. Et même mieux compris, sans doute. Les principaux aspects du problème étaient tranchés, sans débat possible, et les spécialistes, loin de se disputer sur l’établissement des faits, travaillaient à en affiner les conséquences. Il y a [plus de quarante ans] nous aurions pu sauver la Terre. Pourtant nous n’avons rien fait. »1 Plusieurs décennies plus tard, ce constat résonne de manière d’autant plus alarmante que la création du GIEC, en 1988, apparait avoir moins été le point de départ d’un éveil des consciences que le fait de ce premier échec : la conséquence d’un revirement ayant amené responsables politiques et cadres de l’industrie pétrochimique à imposer l’idée suivant laquelle nous en savions alors finalement trop peu pour agir.
Le fait est que ce revirement ne nous a pas simplement fait perdre du temps. Pendant que les membres du GIEC compilaient patiemment les preuves d’un réchauffement dont on savait depuis longtemps l’essentiel, le phénomène n’a fait que s’amplifier. Pendant qu’ils tachaient de souligner l’évidence et tentaient de convaincre les responsables politiques qui les avaient mandatés de la nécessité et de l’urgence croissante qu’il y avait d’agir, la plupart des causes de ce réchauffement se sont développées à une vitesse sans précédent. Loin du monde dans lequel un consensus sur la nécessité d’agir avait pu rapidement émerger, nous nous sommes également progressivement éloignés du fait de pouvoir imaginer et mettre en pratique de véritables alternatives. Si les constats produits par les membres du GIEC se sont aggravés, leurs recommandations se sont peu à peu mises au pas d’un discours de transition soulignant notre incapacité à imaginer autre chose que des solutions palliatives, notre incapacité à imaginer autre chose que l’optimisation technologique d’un système de production et de modes de vie que l’on sait aujourd’hui profondément délétères. 2
Face à ce type de recommandations, l’objet que nous avons choisi de reconstruire et de présenter dans le cadre de cette biennale pourrait paraître anecdotique. Un simple héliostat, capable de renvoyer la lumière du soleil là où ses rayons ne frappent pas. Comme si, confrontés à la catastrophe, nous aurions pris le parti de jouer au yo-yo… Mais si nous avons choisi de reconstruire cet objet, et si je reprends ici une métaphore qu’utilisait son inventeur, Steve Baer, dans Sunspots (1974)3, c’est que nous nous intéressons finalement moins à ce principe particulier qu’à la logique générale dont il procède. À un moment où il semble si difficile de remettre en cause l’inertie d’un système de production confinant les mesures à prendre pour lutter contre le réchauffement climatique à la grandiloquence d’une maitrise technologique toujours plus grande des problèmes engendrés par les précédentes, il est peut-être finalement plus convaincant d’accepter de regarder les choses plus simplement. Depuis quand avons-nous réduit la question de l’énergie solaire à la technologie des panneaux photovoltaïques ? À l’heure où l’on parle de plus en plus d’augmenter la capacité de réflexion des rayons solaires de la planète par l’injection d’aérosols dans l’atmosphère, des mécanismes tels que celui de cet héliostat témoignent d’une tout autre logique. Non pas l’idéal d’une artificialisation totale de la planète provenant tout droit des logiques militaires et industrielles de la guerre froide, mais celui d’une capacité de tous et toutes à transformer leur milieu de vie en prenant appui sur ses ressources propres. Non pas la grande intervention totalisante, mais la maligne manipulation passive des ressources existantes. Loin de n’être que le fait anecdotique d’un mouvement hippie passé de mode, ce type de démarche portait une philosophie de la technique et de l’environnement immensément plus solide et plus rigoureuse que ce que l’on trouve dans nombre de discours contemporains sur la question. Il nous appartient d’en réinterpréter les traces, et de lui donner une portée plus grande encore.
« Basic technology » écrivait Baer…
1 Nathaniel Rich. Perdre la Terre : Une histoire de notre temps, Seuil, 2019. Extraits de l’introduction de ce livre, ces quelques phrases rassemblées ouvrent la quatrième de couverture du livre.
2 Voir notamment le dernier rapport du GIEC, publié le 4 avril 2022.
https://www.ipcc.ch/report/ar6/wg2/downloads/report/IPCC_AR6_WGII_SummaryForPolicymakers.pdf
3 Steve Baer, Sunspots, Zomeworks coorporation, 1974, p. 21.
programme: locaux sociaux pour une dizaine de jardiniers de la ville de paris • maîtrise d'ouvrage: ville de paris • en collaboration avec ginko ingénierie (tce), ecallard (économie) • surface: 100m² sdp • statut: livraison 2020 • crédit photo: asbr, salem mostefaoui, stéphane ruchaud
en collaboration avec ill studio (graphisme), gmgb (be structure), B52 (be fluides), bien entendu (be acoustique) / paris, france, 2014
structure d'exposition itinérante • concours sur invitation, 2009 • maître d'ouvrage: cnac georges pompidou • en collaboration avec berger&berger (architecte mandataire), bollinger + grohmann (structure), alto ingénierie (fluides-hqe), lta (économie) • surface: 1 200m²
résidences artistiques, extension du centre international d'art et du paysage de l'île de vassivière • beaumont-du-lac, france • 2008-2012 • maîtrise d'ouvrage: région limousin • maîtrise d'œuvre: thomas raynaud (architecte mandataire), berger&berger (achitecte associé), saunier & associés (be tce) • surface: 700m² • photographie: thomas raynaud, aurélien mole
Architecture Studio Bœnders Raynaud – ASBR was founded in 2021 by Marie Bœnders and Thomas Raynaud. Based in Paris, ASBR develops public and private projects in France and Europe. Their work focuses on the transformative process of built situations by defining frameworks open to singularities.
Projects (selection): • House on a slope, Alella (ES), 2024-2026 • Art Foundry extension, Charbonnières-les-Vieilles (FR), 2023 • Open air House, Barcelona (ES), 2024 • House on a roof, Barcelona (ES), 2023 • Centre culturel suisse, transformation and renovation, Paris (FR), invited competition, 1st prize, 2020-2026, in collaboration with Truwant + Rodet + • Simone Goldschmidt foundation, Belfort (FR), in collaboration with Nord • La Doublure, Raphaël Zarka, Trélazé (FR), 2020-2024 • House with an outdoor room, Barcelona (ES), 2024 • Eleven apartments and a reuse center, Paris (FR), invited competition, 1st prize, 2017-2026 • Wharehouse and a garden, Barcelona (ES), 2020, in collaboration with Paul Devarrieux.
Teaching: • Porto academy visiting USI-ARC Mendrisio (CH), 2023 • Bachelor Studio, Ensa Versailles (FR), with Nicolas Simon, 2018- 2025 • La ville sans cesse, Master studio Ensa Versailles (FR), with Jeremy Lecomte, 2020-2026 • Bachelor studio & diploma, ESA, Paris (FR), 2010-2015.
Exhibitions & publications (selection): • Conserver Adapter Transmettre, Pavillon de l’Arsenal, Paris (FR) 2023 • Bap! Biennale d’architecture et de paysage de la région Ile-de-France, Versailles (France), 2022 • Domestic Pools, Villa Noailles, Hyères (France), 2018 • Biennale d’architecture d’Orléans #1 (France), Frac Centre-Val de Loire collection, 2018 • Misunderstandings, Campo, Roma (IT), 2017 • Trente architectes, Pavillon de l’Arsenal, Paris (France), 2016 • Kenchiku Architecture, Research for Architectural Domain, Tokyo (JP) & Pavillon de l’Arsenal, Paris (FR), 2014 • All Purpose, Contribution for Auguste Perret Huit chef d’oeuvres!/? Palais de Iena, Paris (FR) 2013. Association School of Architecture, London (UK), 2014 • 152 Mediterranea, Monditalia, Biennale Architettura 2014, Venice (IT) with L’AUC and Cédric Libert, 2014.
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