Le projet présenté ici ne vise ni l’exception formelle ni le signe particulier. Prenant acte de l’homogénéité du système Haussmannien dans lequel il s’inscrit, il cherche davantage à se fondre dans le paysage, dissimulant ses qualités spatiales et constructives sous l’apparence du mimétisme.
Comme beaucoup d’autres à Paris, la parcelle du 20 rue Philippe de Girard n’est pas une simple dent creuse. Depuis 1866 et la construction du lotissement qui l’encercle, le vide qu’elle constitue se présente comme une anomalie dans l’ensemble du système imaginé à l’époque par Haussmann. De chaque côté, les immeubles voisins laissent apparaître leurs pierres d’attente: comme si le bâtiment qui devait se trouver là avait simplement pris du retard. Le projet ici n’est pas de sacraliser le système Haussmannien, mais de faire de cette suspension du temps le principe de dessin d’un bâtiment qui, sans verser ni dans le pastiche ni dans la copie, chercherait à produire l’immédiate impression d’avoir toujours été là.
Bien qu’elle témoigne d’un principe de préfabrication étranger à l’époque Haussmannienne, la façade du bâtiment vise d’abord à l’inscrire dans la continuité de la rue. Procédant de la même attention à l’existant, le projet n’est pas non plus de combler le vide : laissant la cour voisine ouverte sur sa face sud, le bâtiment proposé se déploie en premier lieu de manière à ne pas obstruer les logements voisins. Sur sa façade arrière, le bâtiment procède d’un mimétisme commandé cette fois par les nécessités internes du programme. Libérés des espaces de circulation rassemblés à l’arrière, les espaces de logements et les espaces de production peuvent se déployer de manière autonome. Dépliée sur tout le périmètre constructible de la parcelle, la ressourcerie fonctionne comme un socle : une machine productive fonctionnant sur ses trois niveaux propres. Au-dessus : des logements qui sont tous traversants. Leurs plans développent un mécanisme de partition qui, par le « rachat » des incongruités géométriques du site et leur articulation des différentes façades, permettent à la fois l’optimisation maximale des espaces de vie et une grande diversité d’organisation. Espaces de logement, espaces de circulation, espaces de production, les trois composantes principales du programme se retrouvent ainsi passer de leur parfaite inscription dans la ligne homogène de la rue Haussmannienne à l’expression de leur séparation structurelle sur la façade arrière. D’un côté comme de l’autre, le bâtiment tend à se fondre dans le tissu existant, soulignant la logique d’un projet dont l’idée directrice est de considérer que, procédant des plus immédiates nécessités, les plus grandes qualités sont peut-être aussi les plus imperceptibles : « Nouvellement là depuis 1866 ».
jeremy lecomte
Sur l’ancienne emprise de la petite ceinture, ce petit local de maintenance organise le quotidien d’une équipe d’une dizaine de jardiniers chargés de l’entretien de la promenade Jane-et-Paulette-Nardal, dans le 14ᵉ arrondissement de Paris. Vestiaires, réfectoire, buanderie et remise à outils s’organisent autour d’un poêle à bois. L’ensemble du programme est conçu comme un outil de travail autant que de convivialité. En toiture, une épaisse couche de terre végétale a été laissée à l’appropriation des jardiniers ; elle est aujourd’hui cultivée comme un jardin comestible.
paris, france, 2020 / surface: 100m²/ maîtrise d'ouvrage: ville de paris / bureau d'études: ginko ingénierie (tce), ecallard (économie) / crédit photo: asbr, salem mostefaoui, stéphane ruchaud
en collaboration avec ill studio (graphisme), gmgb (be structure), B52 (be fluides), bien entendu (be acoustique) / paris, france, 2014
concours sur invitation / en collaboration avec berger&berger (mandataire), bollinger+grohmann (be structure), alto ingénierie (fluides-hqe), lta (économie
A small architecture and design practice focused on measured interiors, adaptive reuse, and quietly durable spaces. Replace this text in the local editor with the studio biography, contact details, or selected notes.
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